Depuis longtemps, les situations de violence à l'école me mettent mal à l'aise (par exemple ici, ici, et ! ou même plus récent et plus proche de moi, )... Les agresseurs "visibles" sont toujours stigmatisés, cloués au pilori, et leurs méfaits sont souvent l'étincelle permettant au pékin moyen de déverser sa bile sur "l'éducation d'Aujourd'hui" soit disant responsable de tous les maux de cette société...

Mes expériences (directes et indirectes) et mon intuition me poussent à croire que tout cela est bien plus complexe que l'on ne veut bien l'admettre...

Et aujourd'hui, je viens de lire un article qui décortique un peu plus en profondeur l'horrible cauchemar de Colombine, cette tuerie  de 1999 au cours de laquelle douze lycéens et un professeur furent tués et vingt-quatre autres personnes furent plus ou moins grièvement blessées avant que les deux agresseurs ne se suicident...

"Colombine" de Michel Terestchenko

L'examen plus approfondi du contexte de ce drame montre comment la violence institutionnelle mène des enfants, des adultes en formation (dans tous les sens du terme !) qui y sont soumis dans une indifférence coupable, à des comportements extrêmes, fulgurants, anéantissants...

Ceux-là, à Colombine, ont choisi de tirer dans le tas, d'autres choisissent de ne s'en prendre qu'à eux-mêmes, d'autres encore enfouissent cela profondément en eux développant des pathologies à retardement...

Mais tous nous parlent de la même chose : les injustices qui touchent le monde des enfants, des adolescents sont d'autant plus dramatiques qu'elles sont le plus souvent niées, minimisées, moquées par des adultes bien certains que seules leurs petites affaires à eux valent qu'ils y consacrent du temps et de l'énergie pour les réparer...

Tentons donc de prendre nos enfants cinq minutes au sérieux quelque soit leur âge quand ils racontent et se plaignent de leur petits bobos quotidiens... Ne les chassons pas d'un "Mais t'en verra d'autres !" méprisant et pas du tout réconfortant... Laissons-les parler, écoutons-les, et quand la coupe semble pleine pour eux, agissons pour et avec eux : notre rôle de parents est carrément là ! Assurer leur sécurité sanitaire, alimentaire, éducative, mais aussi (et surtout ?!) psychique...

En chemin faisant, qui sait ?, nous contribuerons, peut-être, j'espère, à construire un monde moins violent, où les gens n'attendent pas d'être sous pression +++ pour agir. Car sous pression +++, l'action se résume à l'explosion........ ou à l'implosion, moins spectaculaire socialement, certes, mais tout aussi meutrière.