Au fil des jours...

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14 septembre 2009

Rentrée douloureuse...

Quand le présupposé éducatif du maître est que tous les enfants sont les mêmes, à savoir malhonnêtes et crétins, y a-t-il matière à discuter ?

Je vois assez mal.

Quand pour étayer ce point de vue, le maître s’aventure à donner des ordres stupides et s’offusque qu’ils ne soient pas compris, ni, donc, promptement exécutés, que peut-on légitimement en déduire ?

Que le maître prouve en fait que les enfants sont intelligents et ne peuvent imaginer que le maître leur donne un ordre aussi bête. Et soyons audacieuse et insolente, que le maître est bête…

Quant au bout de trois jours de classe un enfant hurle du fond de son lit qu’il ne veut pas quitter qu’il ne peut pas aller à l’école, que c’est au dessus de ses forces, que fait-on ?

On emmène son enfant pleurant chez le directeur pour que cela cesse.

Chance pour notre enfant : on est écouté et exaucé, il change de classe !

Mais on pleure pour tous ses camarades qui n’auront pas cette chance… Un passage chez le médecin scolaire pour l’alerter sur leur cas n’aura que peu d’influence je le crains… Au moins je n’aurai pas rien fait… C'est faible et j'en ai un peu honte...

Posté par Ralimaro à 16:08 - L'école... - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires

Tu as fait ce qu'il fallait mais ce n'est pas tous les parents qui réagissent rapidement ! Biz

Posté par Lodji, 15 septembre 2009 à 01:20

pfff c'est lamentable que de tels maitres puissent exister!
heureusement ils ne sont pas tous dans le même moule, une chance!
et heureusement que tu as pu changer ton enfant de classe.
mais la responsabilité des autres parents est bien là, ne devraient-ils pas bouger eux aussi?
j'avoue qu'hier suite à une discussion avec une maman dont la fille a eu les pires déboires avec l'école depuis la maternelle (trop long pour détaillé) et qui se voit proposer une place dans une école en or, 2 jours avant la rentrée....et refuse: moi ça me sidère!
quand les gens oseront-ils être en accord avec leurs paroles et à l'écoute de leurs enfants???

bref je m'égare....
bonne rentrée dans cette nouvelle classe!

Posté par Silo, 15 septembre 2009 à 06:15

Je comprends tout à fait....Mon grand a eu des soucis en arrivant en Guadeloupe, et nous avons dû changé d'école à nos enfants, car les personnes en place sont toujours soutenus par le rectorat quoiqu'ils fassent !! et malgré mes nombreux courriers, mes entretiens avec l'inspectrice, et la centaine de plaintes de parents qui avaient déjà été faites auprès du rectorat et de la mairie...
Quant aux autres parents, j'ai l'impression que le professorat apparait toujours ici comme une "classe" intouchable donc ils se résignent ou explosent comme c'est arrivé l'année dernière, où un parent d'élève a frappé le directeur d'une école à Gosier...Dans tous les cas, ce n'est pas la bonne solution.
En tout cas, tu as réagi comme il le fallait pour ton fils, c'est déjà beaucoup.

Posté par Valé, 15 septembre 2009 à 11:47

Je ne peux qu'être révoltée !! Quels autres moyens d'action avais-tu de toute manière ? On se rend vite compte qu'il est pratiquement impossible de faire admettre à l'administration que non, tous les enseignents ne sont pas des victimes... Et si tu as le malheur d'aller plus loin et qu'il y a des actions menées à l'encontre de cet enseignent, je suis pratiquement persuadée que ses collègues trouveraient là une excellente excuse pour se mettre en grève par solidarité !!!

Posté par Géraldine, 15 septembre 2009 à 12:28

Moi qui aie suivi ça de près, je ne vois pas ce que tu aurais pû faire de plus.
On ne peut pas sauver tout le monde, mais on peut déjà essayer avec nos enfants, et c'est déjà pas mal. Si chaque parent le fait, ça bougera.
Les graines que l'on sème peuvent germer dans les esprits un jour, il ne faut pas renoncer.
Finalement, moi et Morgane on a renoncé, ce n'est pas mieux, même si la voie choisie nous convient, elle reste souvent incomprise.
Mais on s'en tamponne.
Plein de sentiments peuvent t'animer, mais pas la honte.

Posté par kriss, 15 septembre 2009 à 13:37

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Vous êtes gentilles les filles ! C'est vrai que dans l'état je ne pouvais pas faire autre chose, mais avouez que c'est très insatisfaisant ?!

Le médecin scolaire que je suis allée tenir informée du changement de classe pour mon fils m'a dit qu'elle était très contente pour mon fils ! Et que cette situation est intolérable mais que les parents ne font rien... Quand je lui ai demandé ce que je pouvais faire, elle m'a dit "Mais pas vous ! Des parents d'ici, et en groupe !"...

Bon... Pour mettre un pied dans la place, j'ai mis mon nom sur la listes des éventuels candidats à l'élection du conseil d'école... On verra bien...

Posté par Laurence*, 15 septembre 2009 à 18:49

J'ai lu la note et les commentaires. Eh bien dites donc, vous jouez de malchance, dans votre région : enseignants incompétents, méchants ou limite psy, collègues se soutenant comme larrons en foire, rectorat qui couvre inconditionnellement !

J’étais prof de collège, 37 ans de carrière dans un établissement passé de 60 à 100 profs. J’ai deux enfants (donc deux écoles primaires, quatre collèges, trois lycées). Des personnages aussi hard que ceux évoqués ici, j’en ai croisé comme collègue et comme parent. Mais ils se comptent sur les doigts de la main d’un manchot.

Et des parents adorables, beaucoup. Mais de moins en moins au fil des années. Au début, comme j’étais prof principal, en cas de problème scolaire je proposais aux parents une rencontre soit au collège… soit chez eux, histoire qu’ils soient plus à l’aise, « le c.l à leur pailler » comme disait mon père. La moitié acceptait cette solution, qui me prenait de une à deux heures à chaque fois, mais qui était toujours bénéfique pour l’enfant, et qui a fait que certains de ces parents sont devenus des amis que je vois toujours. Cette méthode a duré quelques années, puis on s’est limité aux rencontres au collège, mais toujours avec profit.

Quant à la fin… décadence. L’avant-dernière année : quatre refus de me rencontrer. Des gens m’agressant au téléphone. Et quand, après les avoir laissé vider leur sac, je leur proposais une rencontre pour essayer de créer du positif utile à leur enfant : refus.

Et je ne vous parle pas des parents d’un délicat A… qui avait envoyé un copain à l’hosto avec une lèvre trouée, que de colère j’avais renvoyé chez lui tout seul, qui n’ont même pas eu la correction de me voir pour explication, qui sont montés directement à l’étage supérieur dans le seul but de me faire b…er (étage qui n’a pas eu le courage de dire : avez-vous vu Mr B… ? Non ? Alors faites-le, et s’il refuse de vous voir oui, revenez). Parents qui n’ont pas davantage pris de nouvelles du blessé, d’ailleurs.

Des parents de B…, gens du meilleur monde pourtant, qui ont violemment contesté une sanction… au dos de l’avertissement, sans mettre d’enveloppe, papier à moi rendu par un gamin goguenard ! Ces gens sont de plus en plus nombreux qui critiquent les enseignants (ça, c’est leur droit)… devant leurs enfants (là, je n’ai jamais dit – et je le regrette – à mes élèves que si je critiquais publiquement leurs parents comme eux nous critiquent à la table familiale, ceux-ci hurleraient, et avec raison)

Résultat : ce métier, je l’ai exercé avec passion jusqu’au dernier cours. Mais je déconseille à tous les jeunes naïfs et confiants que je croise de s’y lancer : entre réformes ingérables, moyens en baisse, élèves désorientés et fascinés par le ludique, parents méfiants et administration lâche ou/et indifférente, il n’y a que des coups à prendre.

« Bon... Pour mettre un pied dans la place, j'ai mis mon nom sur la listes des éventuels candidats à l'élection du conseil d'école... On verra bien... »

Si ce n’est pas pour dénigrer mais pour échanger, même sans concession, votre projet est excellent !

Posté par PMB, 16 septembre 2009 à 07:16

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Cher PMB, merci de votre long commentaire.

Oui, mes intentions sont constructives car ici (Guadeloupe), je ne me risquerai jamais à être dans le conflit pour le conflit dans ce genre d'institution avec ma tête de "métro bon teint" !!!

Oui encore, il y a ici un concentré de situations hallucinantes du point de vue éducatif, c'est peu de le dire... Notre groupe scolaire de 1250 élèves (répartis artificiellement en deux écoles élémentaires et une maternelle, mais partageant la même cantine et bien sûr les mêmes accès) n'étant pas le moindre...

Oui, la couardise des uns et la solidarité aveugle des autres permettent souvent à des abbérations de perdurer très lontemps... On est sur une île, les gens courageux sont souvent échaudés, se méfient et sont discrets...

Oui, ici, les enfants sont encore souvent la dernière roue du carrosse... C'est anecdotique -quoique que... la température moyenne doitêtre de 30° avec une hygrométrie moyenne de 77%- mais ici, les seuls locaux ne bénéficiant que très peu souvent de climatisation sont les établissement scolaires ; les magasins, les administrations, les bureaux, et même une majorité de chambres à coucher sont tous abondamment climatisés... Et l'infirmière scolaire a osé m'affirmer que cela serait nocif pour la santé des enfants !!!

Oui ici, la culture de la soumission à l'autorité est quelque chose de très prégnant, et bien sur s'appuie sur la culture de la révolte qui va avec... Et ce maître en était la caricature parfaite !

Oui quand même, une majorité de profs font un boulot correct avec les moyens qu'on leur octroit... Moyens matériels souvent ineptes... en tout cas dans le groupe scolaire vieillissant et pas aux normes antisysmiques à 25km d'un volcan en activité dans lequel nos enfants ont atterri...

Oui d'accord avec vous, il faut être naïf pour se lancer dans l'aventure : j'ai moi-même fait tourné court une idée de reconversion que j'ai eue il y a quatre ans... J'avais pourtant été admissible, mais quand j'ai compris que ma non-admission avait en très grande partie été due aux idées que j'ai développées lors de l'oral "pro", j'ai bien vite refermé les livres et les cahiers !!! Et l'évolution et les réformes récentes de l'EN me font froid dans le dos, je me dis que je l'ai échappé belle ;o)...

Pour terminer, une petite précision s'impose : les enfants sont les premiers témoins des comportements de leurs profs : il ne faut pas sous-estimer leurs capacités à discerner ce qui est juste de ce qui est injuste... Aux parents ensuite d'insister sur le fait que nul n'est parfait et que les circonstances peuvent parfois faire admettre une dose d'arbitraire... Mais aux parents aussi de faire preuve d'empathie avec leurs enfants et de ne pas tout cautionner juste parce que "le prof est le prof"...

Bon mercredi à tous !!!

Posté par Laurence*, 16 septembre 2009 à 08:43

Malheureusement, même avec la meilleure volonté du monde, on ne peut pas aider ceux qui ne le veulent pas, mais tu as pu faire ce qu'il fallait pour ton enfant et c'est déjà le principal...
Nath

Posté par Moukina, 18 septembre 2009 à 11:57

bonjour,
je viens de lire ton article et j'ai du mal à comprendre le probleme réel...
et j'ai bien peur que tu parles du meme etablissement que celui de mon enfant...
justement nous avons appris vendredi matin, que notre enfant allait changer de classe suite a la décision du rectorat de la fermeture d'une classe de ce1, classe répartie sur les ce1 existant et egalement sur une classe de CP... resultat une dizaine de CP dispersés dans d'autres classe deux semaines apres la rentrée.
d'autres part et après evaluation des enfants provenants de la meme classe de GS - avec une année difficile greve et absence et manque d'experience du professeur - le constat tombe les éleves provenant de la meme classe de GS n'ont pas le meme niveau que les autres GS - la solution des cours de soutien pour ratrapper le niveau. Ok.
autre constat : les parents d'eleves ont manqué de vigilance et aurait dus se regrouper, mais peut être (surement ?) que les choses n'aurait pas changés finalement car beaucoup de parents ont signalé ce probleme aupres de la directrice l'an dernier et cela n'a eu aucune incidence.
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Posté par fred, 20 septembre 2009 à 13:03

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