22 avril 2008
Caprices ?
Hier midi, Zébulon, cinq ans depuis deux jours, nous prend la tête en contestant le contenu de son assiette... Les pâtes bolognaises "maison" n'ont pas sa faveur, il est accro à la soupe en boîte (!)... J'avoue : je ne me précipite pas toujours pour lui réchauffer un bol de soupe dans la minute qui suit notre passage à table... Je joue parfois la montre pour tenter de le décider à goûter. Son frère, Petichou, fatigué de l'entendre râler a fini par lui dire que, vraiment, il perd un temps fou avec ses "caprices" ! Perso, c'est un terme que j'ai banni de mon vocabulaire... mais, bon, lui, il l'a dit !
Et ce qui m'amène à vous raconter ces banalités, c'est la répartie qui a suivi !!!
Zébulon m'a jeté un regard noir et m'a dit "Maman, tu vois, j'en ai marre que tu m'obliges à faire des caprices !"... Interloquée, je lui demande de préciser sa pensée "Comment tu peux dire que c'est moi qui t'oblige à faire un caprice ?"... "Ben oui ! Quand tu refuses que je fasse ce que je veux faire, je suis bien obligé de faire un caprice !!!"
Ben oui ! Elémentaire, non ?!
Et en fait, ça me rappelle la réflexion d'une dame malicieuse dans un supermarché il y a quelques années ;-)... Nous étions en pleine discussion houleuse avec un de mes enfants, lui dans le chariot, moi à côté... Et en passant elle a dit à mon fils "Rhôooolalala ! Les mamans qui font des caprices, c'est fatigant hein !?"
Passée la surprise de son intervention, j'avais trouvé cette réflexion/boutade bien plus judicieuse qu'il n'y paraissait au premier abord !...
Et j'y ai souvent repensé dans des situations identiques... Alors, en situation de conflit avec mes enfants, j'essaye toujours de faire rapidement le point sur ce qui m'amène à tenir la position que je tiens instinctivement...... Et, très souvent, j'infléchis ma position, je la précise, et je tente de formuler au mieux le besoin réel qui est le mien à cet instant.....
Alors, vu de l'extérieur, "on" peut penser que je suis "faible", que je me fais "mener par le bout du nez", mais en réalité, pas du tout !!! C'est même le contraire : Je ne me fais plus mener par le bout du nez par mes réactions épidermiques venues tout droit du fin fond de mon enfance et de ma "bonne éducation".... et ça, hummm, qu'est-ce que c'est bon !
Et puis, en fait, cela ne m'empêche pas du tout d'imposer certaines choses à mes enfants. Mais au moins, je le fais en étant claire sur les raisons qui m'amènent à le faire... Je ne le fais plus seulement parce que "c'est comme ça que tout le monde fait", parce que "c'est comme ça et pas autrement", etc... Voilà ! C'est dit : j'ai banni la contrainte pour la contrainte de mon mode de fonctionnement, surtout avec mes enfants, et ça depuis déjà quelques années... Et qu'est-ce que je me sens mieux comme ça !
Et quand les contraintes qui restent influent un peu trop négativement sur notre vie quotidienne, et bien je fais le point, je réévalue et soit on change la contrainte, soit on décide de faire avec les conséquences...
Exemple concret : Les aventures de Zébulon avec l'école continuent... Donc, il retourne depuis janvier au dortoir, et depuis la mi-mars, il redort l'après-midi là-bas (chose qu'il ne fait jamais à la maison depuis maintenant trois ans)... et donc ne se couche plus avant 22h30... Après le répit des vacances, c'est reparti dès hier soir... Quand je lui ai dit que j'aimerais vraiment qu'il fasse l'effort de ne pas s'endormir au dortoir, il s'est un peu énervé : "J'ai les yeux qui piquent et de toute façon, je n'ai rien d'autre à faire qu'à dormir..." Alors que j'insistais un peu en lui disant que, moi, ça me gênait qu'il ne s'endorme qu'à 22h30, il m'a rétorqué "Mais pourquoi tu veux toujours tout décider ?"........... Bon !........
Réflexion faite, il a un peu raison, n'est-ce pas ? La décision a été prise, avec lui, qu'il retournait en janvier dans sa classe, aux conditions de la maîtresse (c'est à dire "dortoir")... Soyons donc cohérents, et acceptons-en la conséquence : il peut s'y endormir, et donc ne plus être aussi fatigué le soir et donc ne pas s'endormir avant 22h30....... Ben voilà....... Reste à aménager la soirée de manière à ce que tout le monde s'y retrouve : lui et son besoin de présence jusqu'à son heure de sommeil, et nous et notre besoin de calme, voire notre besoin de sommeil avant son heure à lui......
Cet enfant est encore plus que les autres notre aiguillon vers plus de cohérence... Il est beau et piquant, comme cette belle plante (dont je ne connais même pas le nom bien qu'elle pousse dans notre jardin...) :
Commentaires
Superbe
J'espère vraiment arriver à ton niveau de réflexion dans les années à venir. J'imagine le bien fou que cela ferait sur notre famille.
Tu penses à donner des cours ? ;-)
Bises
Mouais... Il faut s'accrocher... Là, il est 23H30 et il vadrouille encore, et vient même d'aller chercher un biscuit parce que le repas commence à se faire lointain........ P'têt' que j'irais quand même en toucher deux mots à la maîtresse ^^.........
Arf !
Je ne peux qu'être sur la même longueur d'onde que toi, puisqu'ici on est en train de réfléchir à l'école à la maison pour justement réapprendre à apprendre, à vivre selon nos propres besoins et désirs.
Et comme c'est douloureux et difficile de se dégager des carcans et des us et coutumes des bien-pensants.
Mais quand même, il y a un truc sur lequel je suis une psychorigide qui ne se soigne même pas, c'est mon confort mental et moral à partir de ... allez, disons 20h30. Avant, c'est comme ils veulent, ce qu'ils veulent, de la façon qu'ils le veulent et mon neurone fou passe de l'un à l'autre avec le sourire.
Mais à partir de 20h30, c'est stop, niet, basta.
Je ne leur réponds même plus.
Je passe en mode off.
Ils font ce qu'ils veulent hors de ma vue et de mon ouïe. Mais je ne veux même pas le savoir.
Et le lendemain, c'est ce qu'ils veulent, comme ils veulent.....
Courage !
Les soirées.
Voilà comment on organise les soirées chez nous. comme les enfants (Chléo, presque 5 ans et eliott 3 ans) font aussi la sieste à l'école, le soir, je les couche quand même entre 20h30 et 21h mais ils ont le droit de jouer dans leur chambre. avant, je leur laissais juste la veilleuse (un peu plus forte qu'une vraie veilleuse cependant)pour qu'ils puissent jouer un peu ou lire... Maintenant, ils gèrent seuls la lumière de leur chambre. Et généralement, tout se passe bien. quand ils ont fini de jouer, quand ils sentent le sommeil arriver, spontanément, ils se mettent d'accord, éteignent la lumière et se couchent seuls. Je ne me sens pas mère indigne de les laisser gérer cela vu que lorsque moi je les couche, je leur fait toujours calin, bisou, calin et re-bisou. Et qu'ils viennent quand même me voir une ou deux fois pour avoir à nouveau un calin et/ou un bisou.
Mais du coup, cette gestion de soirée me permet de concilier mon besoin de tranquillité le soir et leur besoin de s'occuper encore un peu (parfois jusqu'à 22h30, mais bon...)
Tu exprimes très bien ce à quoi j'aspire dans l'éducation de Tim. Je n'ai jamais su le dire avec des mots, c'est plus un ressenti, quelque chose que je ressens au fond de moi... et c'est là que ça devient difficile pour l'expliquer à 'Zhom'. Mais il m'a laissé prendre les devants et mis ses propres principes d'écudation (plus conventionnels) de coté. Il a vu que ça portait ses fruits et depuis, il me suit en approuvant.
C'est dingue que l'on puisse alors passer pour 'faible', se faisant "bouffer par nos gosses", alors qu'en vérité pas du tout. Il s'instaure une relation de confiance, du respect, et pas seulement entre parents et enfants mais aussi enfants et famille/entourage. IL n'est pas necessaire d'imposer règles et lignes de conduites. Les enfants peuvent les comprendre et les mettre en oeuvre eux-meme s'ils sont amenés à y réfléchir, et les parents aussi. C'est une question de patience et de flexibilité, non?
Pour le soir, peut-etre essayer d'instaurer un petit rythme bain, puzzle, inventer une histoire avec un dessin (à faire) qui va avec? Des occupations tranquilles et qui préparent au sommeil? Et puis le laisser vers 21h30 ou 22h (quitte à grignotter sur les minutes au fil des jours), dans son lit avec un livre ? Puisqu'il ne cherchera pas à entrer en contradiction avec tes souhaits (qu'il se couche plus tot), il acceptera le sommeil qui le gagne, de lui-meme. (Comment dire? Il ne cherchera pas à combattre le sommeil, par principe d'aller à l'encontre de ce que tu souhaites).

