Lettre à Alisé,

Lundi 4 février 2002.

Il fait gris et depuis 4 jours tu es partie.

Il fait froid et je tremble.

Depuis un mois déjà, je tremble…

Tu m’avais déjà quittée et moi je te gardais comme mon plus beau cadeau.

D’autant plus précieux que tu étais arrivée très vite, de façon inespérée, un peu inattendue : ta 1ère date était celle de mon anniversaire, c’est te dire comme je te chérissais déjà !

Nous t’attendions tous. Que t’est-il arrivé ?

Peut-être que nous ne le saurons jamais.

Peut-être que nous le saurons… Et alors ?

Tu es partie et c’est bien tout ce que je peux retenir.

Secrètement, je tentais bien de te retenir, mais tu as fini par me glisser entre les doigts : tu étais très douce.

La sensation était à la fois terrifiante et réconfortante.

Tu es partie.

Tu me laisses comme une coquille vide, un peu cassée.

C’est comme un songe joyeux, fait de sérénité et de plénitude qui s’est s’achevé beaucoup trop brutalement : une immense frustration, un très grand regret, une méga peine…

Alors, je m’endors avec le secret espoir que ce n’est qu’un cauchemar, et qu’enfin, je vais te sentir t’étirer au creux de mon ventre… En vain.

Tu m’a quittée. Tu nous as quittés.

Le gris fait place à quelques éclaircies passagères… Le printemps reviendra bientôt, avec de nouveaux projets !

Tu allais naître à la campagne, nous vivrons cette nouvelle aventure sans toi : tu me manqueras… Tu faisais déjà partie de la famille, nos projets t’avaient déjà accueilli. Il faut les rebâtir sans toi…

Je penserai à toi.

 

Voilà ! Il y a des périodes dans l'année où l'on se demande pourquoi on se sent si mal alors que "tout va bien !"....... Pour moi, c'est vers Noël et là, maintenant... Ce sont quelques mauvais jours à passer, voilà tout !

Plein de belles choses me sont arrivées depuis, mais celle-ci reste comme une empreinte très profonde dans ma vie, en dépit (ou à cause ?) du silence qui entoure toujours ce type d'évènement : la perte d'un enfant "qu'on n'a pas connu"... Celui-ci m'a quitté à quatre mois révolus, et plus jamais personne n'en parle... Il ne me reste que cette lettre à partager...